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Le Théâtre Montansier


Il est bien naturel que l’un des plus beaux fleurons de la culture et de l’architecture versaillaise porte le nom de sa « marraine ». L’inauguration du Théâtre Montansier eut lieu, en effet, le 18 novembre 1777, en présence de Louis XVI et de Marie-Antoinette, sous l’impulsion de la Montansier.

Extraordinaire personnalité que celle de cette « femme d’affaires » dont la vie est une longue suite de péripéties ! Passant du monde de la galanterie parisienne à celui du spectacle, elle mène une carrière de comédienne et de directrice de troupes en province. Montant à Versailles en 1768, elle y loue, pour son compte, la salle de Lecomte et Fleury. Peu après, elle obtient le privilège des spectacles de Versailles, puis de la Cour et intrigue pour faire construire un théâtre digne de ce nom… et de son nom !

Ainsi nait le « Théâtre Montansier ». La salle ronde, bleue, blanche et or, réhaussée de marbres peints, est mainte fois restaurée. Le plafond de Boquet disparaît. La machinerie doit être refaite après la seconde guerre mondiale… Le théâtre ne retrouvera son prestige qu’en 1961, sous la direction de Marcelle Tassencourt.

Dirigé de 1993 à 2000 par Francis Perrin, et depuis le mois de mai 2000 par Jean-Daniel Laval, il prend un éclat nouveau, dû autant à la beauté de son cadre entièrement restauré, tel qu’à l’origine, par la ville de Versailles, qu’à l’audace de ses programmes.

 

Les transformations du théâtre en quelques dates :

1777 : Inauguration avec faste par Marguerite Brunet, dite « la Montansier », en présence de Louis XVI et Marie-Antoinette, du « Grand Théâtre ». Le public découvre avec étonnement une salle bleue et blanche, réhaussée d’or, mais qui doit fermer ses portes dans les années qui suivent, précocement dégradée et vétuste.

1834 : La ville de Versailles, nouveau propriétaire des murs, lance la première d’une longue série de campagnes de grands travaux.

1850 : Séchan réalise la peinture de l’actuelle coupole, « une treille avec fleurs » ; Cruchet sculpte les moulures, guirlandes, pilastres et frises ornant l’avant-scène et les balcons. Il signe également les fameuses cariatides. L’identité du théâtre est dès lors posée. À ce détail près : pour sacrifier à la mode, la salle est entretemps devenue rouge !

1937 : Les rideaux, les garnitures des sièges et les tentures des murs de fond renouent avec leur couleur d’origine et le théâtre municipal prend le nom de sa fondatrice.

1992 : La structure d’origine, en bois et plâtre, s’enfonce dans un sol marécageux où les pieds des poteaux pourrissent. Face au risque réel d’effondrement, la salle est rebâtie en béton armé. Les décors des balcons sont rafraîchis ; une salle de répétition est construite dans les nouveaux combles.

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