Théâtre Montansier

 

Laissez-vous conter l’histoire du Théâtre Montansier !

 

 

À quelques pas du Château de Versailles et de l’Opéra Royal, en plein cœur du quartier Notre-Dame, se tient le Théâtre Montansier. Théâtre à l’italienne du XVIIIème siècle, lieu de spectacle vivant depuis son inauguration le 18 novembre 1777 par Marie-Antoinette et Louis XVI. Ce théâtre de ville est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1901 et porte le nom de son étonnante fondatrice, Marguerite Brunet dite Mademoiselle Montansier, certainement une des premières femmes entrepreneur de l’histoire.

 

Origines

Marguerite Brunet  décide de faire construire un  théâtre dont elle serait propriétaire et directrice. Elle acquiert  le terrain dit des « chiens verts » qui appartenait alors au comte de Provence, frère du Roi et futur Louis XVIII.

Marguerite BrunetMarguerite Brunet dites Mademoiselle Montansier

Jean-François Heurtier est l’architecte choisi, il est membre de l’Académie et inspecteur général des Bâtiments du Roi. Il est assisté par Boullet, inspecteur des théâtres de sa Majesté et machiniste de l’Opéra Royal. Le théâtre est édifié en moins de dix mois.

Le Théâtre est inauguré le 18 novembre 1777 par Louis XVI et Marie-Antoinette. Cette dernière y revint souvent accompagnée de son amie la princesse de Lamballe. Le roi et la reine portent un grand intérêt à ce théâtre, de la présentation des plans au choix de leur loge (en avant-scène, côté Jardin). Celui-ci est avant tout stratégique : on peut y accéder directement et de manière privée depuis le château. Madame de Pompadour, quant à elle, avait fait construire son propre petit couloir lui permettant de rejoindre son hôtel particulier situé à droite du théâtre. Après la naissance du Dauphin, Marie-Antoinette réduit ses venues au Théâtre Montansier, à qui elle préfère dorénavant son petit théâtre du Trianon, réplique miniature du Montansier. Marguerite Brunet s’est installée au second étage du théâtre. Elle y reçoit de jeunes auteurs et tient des séances de lecture.

Foyer du Théâtre Montansier au XVIIIème siècle Le Foyer du Théâtre Montansier au XVIIIème siècle

 

Restaurations

La première restauration date de 1823. La mode est alors au rouge couleur du théâtre bourgeois. Le plafond du peintre Bocquet est remplacé par un plafond représentant les neuf Muses et Apollon. L’autre date importante est celle de 1834. Après avoir appartenu à deux propriétaires privés, la ville de Versailles rachète le théâtre pour la somme de 160 000 francs. En 1841, une marquise en zinc est installée pour protéger l’entrée et un grand trottoir est créé pour favoriser la circulation.

Marquise en zinc

La seconde restauration date de 1851. Charles Séchan, peintre décorateur pour l’Opéra de Paris, la Comédie-Française, l’Assemblée nationale et à qui l’on doit le plafond du grand salon du château de Vaux-le-Vicomte, réalise l’actuel et troisième plafond. Il peint un treillis de fleurs. Le sculpteur Cruchet réalise la décoration sculptée, qui reste aujourd’hui : les loges d’avant-scène, les moulures, les cariatides et les médaillons.

Plafond et lustre_crédits Andy Julia

Médaillon

Cariatide

La troisième restauration date de 1936, année où le théâtre prend le nom de Théâtre Montansier. Celui-ci retrouve ses couleurs d’origine : le bleu et le blanc rehaussé d’or. La marquise en zinc est alors enlevée, la façade ravalée et le théâtre inauguré en 1937 en présence du président de la République Albert Lebrun.

La Salle avant la restauration

La dernière grande restauration se déroule entre 1992 et 1993. On y redécouvre des restes d’anciennes décorations originales qui inspirent les décorations actuelles : motifs de lyre, de putti musiciens, de griffons et de chimères. Fulvio Lanza réalise une réplique du rideau de scène disparu représentant le bassin de Neptune, le Foyer est restauré et les sculptures des dessus de portes ajoutées.

Dessus de porte du Foyer_credits Andy Julia

Rideau de la Salle

En mars 2009, la restauration de la scène et la réouverture des dessous de scène et de ses machineries (fermés depuis la restauration de 1992) sont menées à bien grâce aux financements conjoints de la ville de Versailles et des dons des spectateurs.

 

Directions

Depuis Mademoiselle Montansier, les directeurs se sont succédés à la tête de cette institution Versaillaises. Lorsque la ville de Versailles achète le théâtre, elle nomme Carmouche à sa tête.

Pendant la Première Guerre mondiale, le Théâtre Montansier ferme mais le directeur a le droit de projeter quelques films afin d’éviter la ruine. Tandis que lors de la Seconde Guerre mondiale, le théâtre est livré aux troupes allemandes qui s’y produisent pour divertir leurs soldats.

De 1943 à 1961, la ville gère seule le théâtre en le louant à diverses troupes.

En 1961, une fameuse directrice et metteur en scène arrive au théâtre, Marcelle Tassencourt. Elle dirige le lieu, avec son mari Thierry Maulnier, membre de l’Académie Française, et lui redonne son lustre d’antan en proposant des spectacles parisiens ainsi que des créations.

Tassencourt et Maunier

Francis Perrin, né à Versailles et qui a débuté comme comédien au Théâtre Montansier, succède à Marcelle Tassencourt de 1992 à 2000. C’est sous sa direction que sont décidés les grands travaux de 1992-1993.

En 2000, il passe la main à Jean-Daniel Laval. Il monte des classiques – notamment des pièces de Molière – et des spectacles ambitieux comme Le Marchand de Venise, L’Opéra de quat’sous, ou encore L’Annonce faite à Marie.

 

Aujourd’hui

Geneviève Dichamp et Frédéric Franck dirigent le Théâtre Montansier depuis juin 2013, dans le cadre d’une délégation de service public sous forme d’affermage. Cette codirection originale réunit le théâtre privé auquel appartient Frédéric Franck en tant que directeur du Théâtre de l’Œuvre et le théâtre public dans lequel Geneviève Dichamp a effectué son parcours.

Les directeurs du Théâtre veillent à l’équilibre entre diffusion et création, tout en offrant une programmation avec des propositions artistiques très différentes : théâtre classique, contemporain, visuel ; musique classique, opéra, comédie musicale, chansons, jazz, électro-pop ; humour musical ; danse baroque ;  jeune public ; spectacles famille ; musique et magie ; théâtre et marionnette ; conférences, théâtre et dégustation…

Ils ont également à cœur de rendre la programmation plus proche du public à travers des rencontres et des moments partagés comme des dédicaces et des bords de scènes avec les comédiens et artistes.

Le Montansier n’est pas un lieu de diffusion comme les autres, il est fortement investit dans la création, la coproduction et l’accompagnement d’artistes. Cette année le Théâtre coproduit : Home, Les heures souterraines, Richard II, Le poisson belge, L’Illusion comique, Réparer les vivants et se jumelle avec le Théâtre du Parc de Bruxelles et le Théâtre de la Ville de Luxembourg.

Le Montansier fait aussi le choix de ne pas implanter des compagnies mais plutôt de se jumeler avec des théâtres privés ou publics et des équipes artistiques autour de projets élaborés en concertation et retenus pour leur qualité et leur originalité.

Le Montansier s’associe également aux animations organisées par la Direction des affaires culturelles de la Ville comme Les Journées du Patrimoine, La Nuit de la Création, Versailles Jazz Festival ou le Mois Molière.

 

Anecdotes

- Marie-Antoinette et la soupe aux choux : Victor Couailhac rapporte dans son texte La Vie de théâtre, grandes et petites aventures de Mille Montansier, l’anecdote de la soupe aux choux qui veut que Marie-Antoinette, ayant senti un délicieux fumet sur scène, avait demandé de partager le repas des comédiens. L’épisode est ainsi rapporté : « La reine affectionnait particulièrement l’opérette des Moissonneurs. – Un soir, la soupe aux choux que mangeaient les acteurs en scène remplissait d’un fumet si franc et si agréable la petite baignoire d’avant-scène, que Marie-Antoinette fit demander si on pouvait lui permettre de prendre part au repas. Depuis cette tradition resta au théâtre, et chaque fois qu’on donnait la pièce, on réservait la part de la reine. »

- Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears : pour son film Les Liaisons dangereuses, le réalisateur tourna toutes les scènes d’opéra dans le théâtre Montansier. Le film date de 1988, avant la restauration de la salle.

- La Jeune Fille et la Mort de Roman Polanski : la scène finale du film été tournée au théâtre Montansier. Le film date de 1994, après la restauration de la salle.

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