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samedi 01 février 2020 : 20h30

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Les Suppliantes

De Eschyle / dans le cadre de la 2nde édition du festival des langues classiques

– Théâtre –

Les Suppliantes d’Eschyle constituent la première tragédie de la tétralogie des Danaïdes. Les cinquante filles de Danaos, les Danaïdes, fuient leurs cinquante cousins, les Egyptiades, traversent la Méditerranée et gagnent Argos en Grèce. Mais leurs cousins les suivent et obtiendront le mariage. Les Danaïdes, armées d’un poignard, tueront leur mari pendant la nuit de noces. Dans un quatrième drame, où jouait un chœur de satyres, le seul couple survivant part à la recherche d’une source. La mythologie et l’iconographie ont fait connaître le sort des Danaïdes, condamnées à remplir éternellement un tonneau percé. Dans les Suppliantes, il s’agit, pour les filles, de convaincre le roi d’Argos de les accueillir. Le roi le fera, mais remettra la décision au vote du peuple. Les Danaïdes seront accueillies, mais les Emissaires des cousins viendront troubler à la fin de la pièce les joies de l’hospitalité reçue. Le théâtre d’Eschyle se passe ici sur un rivage du Péloponnèse qui fait face à un autre rivage, celui de l’Afrique. Elles ont traversé la mer pour fuir leurs cousins. Ils traversent la mer pour les ramener de force. Les Suppliantes font le voyage inverse de leur ancêtre Iô.

Eschyle, dans ses tragédies, agrandit son théâtre à l’échelle du monde. Ce serait un contresens que de vouloir assimiler les Argiens de Pélasgos à des Grecs ou à des Européens ou encore à des « Blancs » dans une version racialiste simplificatrice et anachronique. Ce serait aussi un contresens que de voir dans les Etrangères et les Etrangers d’Egypte des « Noirs » postcolonisés, par une vision doublement falsificatrice. Les Grecs ont pratiqué l’esclavage comme tous les peuples de l’Antiquité qui, se livrant à des guerres et des pillages perpétuels, asservissaient les populations vaincues par la force des armes. Mais le « Noir » pas plus que la dimension coloniale de la traite négrière n’existent chez Eschyle. Le spectateur d’aujourd’hui est conscient de l’histoire qui a connu la traite et la colonisation. Mais il est aussi héritier de la tradition du théâtre grec, qui définit l’art comme imitation, comme rejeu, un art de représenter l’Ancêtre dans le temps, ou l’Autre dans l’espace, par le récit, par le chant, par le jeu théâtral, par le mime et la grimace.

 

 

Mise en scène Philippe Brunet,

traduction Philippe Brunet et Aymeric Münch, musique François Cam, chorégraphie Fantine Cavé-Radet, direction Chœur des Danaïdes Anne-Iris Munoz, formation chœur des Emissaires David Suzanne, décor Li Wen Ts’ien, lumières Eric Pelladeau, avec Kevin Bhaugeerutty, Yanis Cleret, Maël Bailly, Violette Hu, Elisabeth Lefèvre, Anne-Iris Muñoz, Gilles de Rosny, Ada Souchu au pupitre François Cam (direction chant et qanoun) et les étudiants de France-Comté, spectacle créé aux Dionysies 2016